Décider
L’avocat du diable
Une décision que vous avez déjà prise, et dont vous êtes plutôt content.
La marche à suivre
à faire vous-même- Exposez la décision et ce qui vous y a mené, sans dire que vous l’avez déjà prise.
- Demandez les trois meilleures raisons de ne pas la prendre, chacune assortie du signal qui montrerait qu’elle se réalise.
- Interdisez explicitement toute conclusion rassurante : pas de synthèse, pas de « cela dit, votre choix se défend ».
La consigne, mot pour mot
à copier, puis à corrigerSituation : [le contexte, factuel]. Option envisagée : [la décision, présentée comme une option parmi d'autres, sans dire qu'elle est prise]. Donne-moi les trois meilleures raisons de NE PAS retenir cette option. Pour chacune : - l'objection en une phrase ; - le mécanisme précis par lequel ça tourne mal ; - le signal observable qui me dirait, d'ici trois mois, que c'est en train d'arriver. Ne conclus pas. Pas de synthèse, pas de mise en balance, pas de phrase finale qui rééquilibre.
- « sans dire qu’elle est prise »
- Une décision présentée comme acquise attire des conseils de mise en œuvre. Présentée comme une option, elle attire des objections.
- Le signal observable
- Ce qui sépare l’exercice de la rhétorique. Une objection sans signal ne se vérifiera jamais et ne coûte donc rien à formuler.
- « Ne conclus pas »
- La ligne indispensable. Sans elle, le dernier paragraphe annule les trois objections, et c’est celui dont on se souvient.
Ce que vous en tirez
Au moins une objection que vous n’aviez pas vue, et surtout les signaux qui vous diront, dans trois mois, laquelle était fondée. L’observation vaut au-delà de cette décision : sans la consigne, la réponse par défaut vous aurait donné raison. Un système entraîné à satisfaire son interlocuteur n’est pas un contradicteur, sauf si on le lui demande.
Pour aller plus loin
Refaites-le sur une décision prise il y a six mois et dont vous connaissez maintenant l’issue. Vous saurez si les objections produites sont les bonnes, ou seulement les plus faciles à formuler.