LexiqueÉtage 3 · L’Agentle bloc pris dans une boucle : il recommence jusqu’au résultatÉtage 3 · L’Agent
skills
Nº 103 · v2026-08EN : skillsLes skills sont des ensembles de consignes et de ressources rangés à part, que le système ne charge dans son contexte que lorsque la tâche s’y prête. Comme les classeurs d’une étagère de bureau : leurs dos restent visibles en permanence, mais on n’en ouvre un que le jour où l’on en a besoin.
Ce que ce n’est pas
Un skill n’est pas un prompt système, même s’il est fait du même matériau. Le prompt système est là à chaque requête, pour tout le monde et pour toutes les tâches ; un skill n’entre dans le contexte que lorsqu’il est retenu, et il en ressort ensuite. Ce n’est pas non plus un outil : un outil exécute une action et rend un résultat, alors qu’un skill n’exécute rien, il instruit, et il décrit souvent comment employer les outils déjà disponibles. Ce n’est enfin pas une capacité nouvelle donnée au modèle : rien n’est entraîné, rien n’est appris, on organise seulement ce qu’il a sous les yeux.
En profondeur
L’économie du contexte
Le patron répond à un problème d’économie du contexte. Une consigne permanente qui grossit se paie à chaque appel, occupe la fenêtre de contexte au détriment du travail en cours, et dilue l’attention du modèle sur des instructions dont la tâche du moment n’emploie qu’une fraction. Un skill est un bloc autonome : un nom, une description courte, puis un contenu qui peut être long, fait de procédures, de conventions, d’exemples, parfois de fichiers ou de scripts joints. Seule la description reste visible en permanence, quelques lignes par ensemble, et c’est sur elle que la sélection se fait ; le contenu entier n’arrive qu’au moment où il est retenu. Le mécanisme tient donc en deux temps, un index toujours présent et un corps chargé à la demande, ce qui est exactement le compromis d’un classement : on garde le catalogue sous la main, on va lire le dossier quand la question se pose.
L’effet budgétaire
Le premier effet est budgétaire et il se mesure : dix procédures détaillées écrites dans le prompt système se facturent à chaque tour, alors que leurs dix descriptions coûtent quelques lignes et que la procédure utile ne se charge qu’une fois sur dix. Le deuxième est organisationnel, et il compte davantage à l’usage : un skill est un artefact séparé, donc versionnable, relisible et attribuable à une équipe, là où un prompt système est un texte unique que tout le monde modifie et que personne ne relit en entier. Le troisième est la portée, puisqu’un même ensemble sert plusieurs agents : la question glisse de « comment formuler » vers « qui possède cette procédure ». En contrepartie, on introduit une décision de plus dans la boucle, celle de la sélection, et une décision de plus est une occasion de plus de se tromper. L’arbitrage se pose donc terme à terme : ce qui doit valoir pour toutes les tâches reste dans le prompt système, ce qui ne sert qu’à certaines devient un skill, et une procédure employée à chaque appel n’a rien à gagner à être rangée ailleurs.
La sélection
La sélection est le point fragile, et elle échoue de deux façons symétriques : un ensemble pertinent qui n’est pas retenu, parce que sa description ne dit pas dans quelles situations il s’applique, et un ensemble retenu à tort, parce que deux descriptions se recouvrent. C’est exactement le défaut des descriptions d’outils, pour la même raison : le modèle choisit sur la foi de quelques lignes, sans avoir lu le contenu. Un deuxième piège apparaît quand plusieurs ensembles arrivent ensemble dans le contexte et se contredisent, l’un imposant un format que l’autre proscrit : personne n’a écrit l’arbitrage, et le modèle en produit un que rien ne rend stable. Le troisième est le plus sérieux : un ensemble chargé depuis une source qu’on ne contrôle pas est du texte qui entre dans le contexte avec le statut d’une consigne, ce qui en fait une porte d’entrée pour une injection de prompt, d’autant plus efficace que le dispositif est prévu pour lui obéir. Un catalogue de skills se traite donc comme une dépendance logicielle : on sait d’où vient chaque élément, on le relit avant de l’installer, on le fige à une version, et on vérifie par un jeu de cas que la bonne sélection se fait bien sur les tâches qui comptent.
Sous le capot2 temps · la forme réelle des objets
Toute la fiche tient dans une asymétrie qui se voit dans l’objet : ce qui reste sous les yeux en permanence est court, et ce qui coûte cher n’arrive que si la tâche l’appelle.
- 01
Ce qui est toujours chargé
Voici ce que le système garde en permanence dans son contexte : une liste d’entrées réduites à leur nom et à une description. C’est sur cette description, et sur elle seule, que se décide le chargement. Elle est donc le vrai contrat, et une description imprécise se paie par une sélection qui se trompe.
[ { "nom": "note-de-cadrage", "description": "Rédiger une note de cadrage interne : plan imposé, ton neutre, une décision par section." }, { "nom": "revue-de-contrat", "description": "Relire un contrat de prestation et lister les clauses exposantes, sans conclure sur l'opportunité de signer." } ]- nom
- Un identifiant, pas un titre à lire. Il sert au chargement et n’a aucune influence sur la décision.
- description
- La seule chose qui entre en concurrence avec les autres au moment de choisir. Elle doit dire QUAND s’en servir, pas ce qu’elle contient : « rédiger une note de cadrage » sélectionne mieux que « modèle de document ».
Le piègeLe coût de ce bloc se paie à chaque requête, comme le reste du contexte. C’est ce qui borne le nombre d’entrées : au delà de quelques dizaines, la liste elle même devient ce qu’on voulait éviter.
- 02
Ce qui entre quand l’entrée est retenue
Le corps n’arrive qu’ensuite, et il arrive sous la forme de tout le reste : un message de plus dans la liste. C’est ce qui explique à la fois sa force et ses pannes, puisqu’il ne bénéficie d’aucun statut particulier une fois posé.
{ "role": "system", "content": "[note-de-cadrage] Plan imposé : contexte, décision, conséquences, points ouverts. Une décision par section, au présent. Ne pas conclure par une synthèse." }- role
- Souvent le rôle des instructions permanentes, ce qui donne au corps le même poids qu’elles. Il n’est pourtant présent que sur ce tour : c’est exactement là que se joue la différence avec un prompt système.
- content
- Du texte, comme tout le reste. Rien n’empêche deux entrées chargées ensemble de se contredire, et rien ne signale la contradiction : le modèle arbitrera silencieusement.
Le piègeUn corps venu d’une source qu’on ne contrôle pas est une instruction non voulue déposée au rang des instructions permanentes. C’est la même faille que l’injection de prompt, avec un privilège plus élevé.
- prompt systèmece qui est là à chaque requête, et l’ordre dans lequel on l’écrit
- contexteoù ces messages s’insèrent, et ce que leur volume coûte à chaque tour
Ce qui varieLe vocabulaire varie : selon les produits ces ensembles s’appellent compétences, modules ou capacités, le manifeste peut être un fichier ou une entrée de configuration, et le corps peut embarquer des fichiers en plus du texte. Ce qui ne varie pas : la description reste chargée en permanence, le corps n’arrive qu’à la demande, et une fois chargé il devient du texte comme les autres, sans priorité garantie sur ce qui est déjà là.
Relations où vivent les voisins
Vérifier 3 questions · cliquez votre réponse
Niveau 1 · Reconnaître
Un système dispose de vingt skills. Qu’est-ce qui reste en permanence dans son contexte ?
Niveau 2 · Distinguer
Une consigne s’applique à toutes les demandes, quelle que soit la tâche. Où la placer ?
Niveau 2 · Distinguer
Vous installez un ensemble de consignes publié par un tiers. Qu’introduisez-vous exactement dans votre système ?
Lexigraph, « Skills », v2026-08, https://www.lexigraph.org/fr/skills/, CC BY 4.0.